| dimanche 26 août 2007, a 11:27 |
| Apports théoriques ethnopsychiatrique et psychosociaux en soutient à l’article précédent. |
Du
normal au pathologique.
Il n'est jamais facile de délimiter la frontière du normal et du
pathologique. Nous ne pouvons le faire que d'un point vu théorique. C'est
toujours une comparaison entre deux choses ; l'objet que nous voulons
comparer pour le situer par rapport à un autre.
En psychologie, nous évaluons la normalité en observant les écarts
existant entre un individu et sa population de référence.
En psychiatrie, nous comparons les symptômes du patient aux syndromes
définis par la nosographie pour établir le diagnostic.
Ainsi la difficulté principale est d'effectuer un diagnostic cohérent.
Pour ce faire il faut tenir compte de l'effet du groupe sur l'individu et plus
précisément l'influence que la culture a sur les pathologies. En effet, G.
Devereux ethnopsychiatre, nous prévient qu'il faut s'efforcer de confronter et
coordonner le concept culture avec le couple conceptuel de « normalité -
anormalité ». Il nous précise que la normalité n'est pas issue du concept
d'adaptation car cette théorie ne prend pas en compte les sociétés
malades ; c'est pourquoi l'adaptation ne peut être un critère de la santé
mentale. Par conséquent, pour l'ethnopsychiatrie le couple « normalité –
anormalité » s'observe sous l'angle de la culture et de la psychiatrie.
L'inconscient.
Si nous introduisons le concept de culture comme élément de diagnostic, il faut aborder l'inconscient
tel que G. Devereux l'a défini en le séparant en deux parties. La première est
le segment inconscient de la personnalité ethnique et la deuxième est
l'inconscient idiosyncrasique (l'inconscient freudien).
Il définie le segment inconscient de la personnalité ethnique pour
l'individu comme cette part de son inconscient total qu'il possède en commun
avec la plupart des membres de sa culture. Il est composé de tout ce que
conformément aux exigences fondamentales de sa culture, chaque génération
apprend elle-même à refouler puis, à son tour, force la génération suivante à
refouler. Il change comme change la culture et se transmet comme se transmet la
culture par une sorte d'enseignement et non biologiquement. Pour G. Devereux,
l'inconscient ethnique s'acquiert exactement comme s'acquiert le caractère
ethnique. C'est pourquoi tous les membres d'une même culture possèdent en
commun un certains nombres de conflits
inconscients. De plus, il nous indique que le matériel qui constitue
l'inconscient ethnique est maintenu à l'état refoulé par certains mécanismes de
défense, renforcés et souvent même fournis par les pressions culturelles.
Ces moyens défensifs servent aux individus à refouler leurs pulsions
culturellement dystones. Cependant ces moyens peuvent être insuffisant, alors
la culture tend à fournir, paradoxalement, certains moyens culturels qui
permettent à ces pulsions de s'exprimer marginalement.
Pour ce qui est de l'inconscient idiosyncrasique, selon G. Devereux, il
se compose des éléments que l'individu a été contraint de refouler sous
l'action des stress unique et spécifique qu'il a dû subir. Ces stress peuvent
être de deux genres : d'une part, les expériences qui sans être typique
d'une culture donnée – c'est-à-dire sans refléter le modèle culturel de base -,
surviennent assez fréquemment pour être reconnues et reformulées
culturellement. D'autre part, les expériences qui ne sont ni caractéristiques
d'une culture, ni numériquement fréquentes, mais qui atteignent certains
individus particulièrement malheureux.
Ainsi, les traumatismes idiosyncrasiques engendrent chez les individus
des conflits localisés de manière permanente dans l'inconscient
« privé ».
Le
traumatisme.
Aux vues de ces
définitions, il nous faut préciser le concept de traumatisme au sens de G.
Devereux.
Pour lui, le
stress s'applique aux forces nocives qui atteignent l'individu et le
traumatisme est le résultat nocif de l'impact de ces forces. En effet, les
conséquences du stress peuvent être parfois « négatif » ou
« positif » pour l'individu. Il indique que dans les situations
culturelles un stress sera traumatisant quand il est atypique, quand il est
typique mais intense ou prématuré. Il définie, d'une part, un stress comme
atypique si la culture ne dispose d'aucune défense préétablie, « produite
en série », susceptible d'en atténuer ou d'en amortir le choc. D'autre
part, un stress typique fréquent ou prématuré mais intense est traumatisant car
l'individu n'a pas encore introjecté les moyens défensifs culturels qui lui
permettrait d'en atténuer le choc.
Typologie
ethnopsychiatrique des névroses et des psychoses.
Les désordres de la personnalité
sont déterminés par quatre catégories :
Les désordres sacrés ou chamaniques concernent les
chamans, les guérisseurs dont les conflits se situent au niveau des
segments inconscients de la personnalité ethnique. leurs symptômes et
leurs conflits sont structurés de façons conventionnelles au niveau
culturel.Les désordres ethniques sont agencés et structurés
culturellement de façon complexe et leur caractère est multidimensionnel.
Autrement dit, la culture les rend normaux. G. Devereux a observé que la
culture donne des indications sur les modes d'emploi abusif qui permettent
aux individus de palier aux situations de stress.
L'individu et le groupe.
Tout individu est entouré de multiples groupes, mais il se reconnaît plus
dans certains que dans d'autres.
Le premier est celui de la famille, il renseigne sur la filiation de
l'individu en son sein. Il donne aussi l'identité « administrative »
qui permet de s'identifier par son patronyme, son origine ethnique et
culturelle et sa classe sociale. En effet, le sujet se construit au contact de
l'autre, et en l'occurrence, ici, ce sont les parents, les frères et sœurs,
mais aussi les oncles, tantes, etc. Les premières identifications se font donc
en interaction avec le groupe « famille » qui transmettra les usages,
les coutumes, la religion à l'individu qui en est issu.
Ainsi, du point de vue psychologique, le sujet assimile certains objets
du groupe famille tels que l'imago parentale et la culture, qu'il incorpore
entièrement ou partiellement, pour construire les bases de sa personnalité.
Du point de vue de la psychologie sociale, on parle d'identité sociale,
c'est-à-dire que l'individu se détermine en fonction de plusieurs groupes.
Selon H. TAJFEL l'identité sociale est la partie de soi qui provient de la
conscience qu'a l'individu d'appartenir à un groupe social (ou à des groupes
sociaux), ainsi que la valeur et la signification émotionnelle qu'il attache à
cette appartenance[1].
D'une part, cette définition nous indique que l'identification avec les
groupes extérieurs à la famille se fait
après les identifications familiales et à l'âge ou l'individu est conscient des
choses.
D'autre part, il est aussi question d'investissement d'objet et de
l'intensité de l'affect investit sur ce même objet. Ainsi, à la différence du
groupe familiale, l'individu choisit les groupes auxquels il appartient ou
souhaite appartenir.
Quant au « soi », pour MEAD, il est une représentation
consciente que l'individu se fait de lui-même qu'il nomme « moi »,
mais pas seulement. Il prend en compte le « je » qui est dans
l'action de façon non consciente comme l'ensemble des habitudes automatisées de
l'individu.
Ainsi, pour AZZI et KLEIN, en s'inspirant de MEAD, l'identification au
groupe se fait d'une façon non consciente (je) et consciente (moi). Le
« je » correspond aux introjections culturelles du groupe famille,
c'est-à-dire les valeurs, les normes et les règles que le sujet intériorise. Le
« moi », lui, serait la partie consciente qu'a l'individu de son
identité culturelle. Par conséquent, pour ces auteurs, il y aurait deux formes
d'identifications sociales : l'une implicite le « je »,
l'autre explicite le « moi ».
Les relations intergroupes.
Les groupes entrent en interaction sous au moins deux formes : le
conflit ou la coopération. En général, ces types d'interactions dépendent des
besoins et des intérêts des groupes. Mais, avant de rentrer en relation, ils
savent se différencier les uns des autres, par le biais de la catégorisation
social, des stéréotypes et préjugés qu'ils attribuent aux autres groupes.
Par exemple, dans une ville de banlieue ou la population représente
diverses communautés, nous voyons, le matin, les travailleurs Africains,
Français, Asiatiques prendre les mêmes transports en communs et observer des
valeurs de respect, de politesse, ou indifférenciation. Mais dès qu'un acte
malveillant, comme les incendies de voitures, est reconnu d'une communauté à
une autre, alors les préjugés et les stéréotypes se révèlent au grand jour. Les
Africains seront accusés par les Français de ne pas savoir éduquer leurs
enfants, puis de vivre à quinze familles dans un trois pièces, etc.
Cependant les stéréotypes et les préjugés sont rarement à l'origine du
conflit, néanmoins ils l'étayent. Les émeutes de Novembre 2005, suite à la mort
de deux enfants de Clichy sous Bois, ne peuvent se comprendre, uniquement, par
le fait que ces émeutiers n'aiment pas les policiers et qu'ils sont en
perpétuel conflit avec les force de l'ordre. Les raisons de ces émeutes étaient
tout autres. Elles s'expliquent peut-être mieux, par le fait que ces jeunes en
ont assez de ce harcèlement policier au quotidien, qu'ils se sont imaginés,
très facilement, dans la situation de ces deux enfants, qui courraient pour
échapper à un contrôle de police. De là, ils ont exprimé leur mécontentement de
la façon dont ils estiment être traités en France.
L'intérêt collectif de ces agitateurs était de revendiquer une autre
place dans la société et notamment celle que détiennent les blancs Français. En
effet, ils aspirent, eux aussi à un confort de vie, au droit au travail, au
droit au logement, c'est-à-dire d'avoir la possibilité de se projeter dans
l'avenir afin d'y croire, comme tout individu.
Néanmoins, la coopération est aussi possible. Mais pour cela, encore
faut-il avoir des intérêts ou des valeurs en communs. Heureusement cela se
produit parfois. L'exemple le plus actuel est peut-être celui des « sans
papiers ». En effet, en France, des individus, d'origines ethniques différentes,
travaillent ensemble dans le but d'obtenir la régularisation administrative de
ces « réfugiés économiques ou politique» et se mobilisent afin que
ces personnes reçoivent un traitement digne, respectant la déclaration
Universelle des Droits de l'Homme (1948).
Les normes et valeurs sociales.
G-N. FISCHER définit les normes comme un type de pression cognitive et
psychosociale se référant à des valeurs dominantes et des opinions partagées
dans une société ; elle s'exprime sous forme de règles de conduite plus ou
moins explicite en vue d'obtenir des comportements appropriés socialement[2].
Les normes se réfèrent aux valeurs communes d'un groupe ou de la société
et elles impliquent une conformité du groupe. De plus, celles-ci comportent un
jugement de valeur qui est lié aux principes moraux de la société.
Aujourd'hui, dans notre société un sujet se doit de travailler afin de
subvenir à ses besoins. En outre, s'il vit en couple et perd son emploi, le
fait de se retrouver oisif, pourrait faire dire aux personnes de sa
belle-famille, par exemple, qu'il profite de sa situation, en ne retrouvant pas
un emploi très vite, et celles-ci
finiraient par le soupçonner de fainéantise. Car dans ce cas, la norme travail
est associée au principe moral de la société qui implique, surtout pour l'homme
du couple, que vivre au dépend de sa femme n'est pas morale. Ainsi, nous
pouvons souligner que tout comportements marginaux ou déviants, donc hors
normes sont, soit sanctionnés implicitement, soit explicitement.
La culture.
Selon le Petit Larousse Illustré, la culture est un ensemble des usages,
des coutumes, des manifestations artistiques, religieuses, intellectuelles qui
définissent et distinguent un groupe, une société[3].
La culture s'observe dans un groupe, dans une catégorie ou dans une
société. Elle regroupe, aussi, plusieurs champs tels que le savoir, l'art, la
religion, le « savoir-faire » et le « savoir-être ».
La
culture du groupe.
Elle est fonction, pour une famille, de son origine ethnique, de sa
catégorie sociale et du pays dans lequel elle vit. La catégorie sociale définit
souvent le lieu d'habitation de la famille. En effet, il y a plus de catégories
sociales favorisées résidant à Neuilly sur seine, qu'à la Courneuve même si
certaines d'entre elles y sont présentes. Il en va de même pour les catégories
sociales moins favorisées.
Pour un individu, sa culture sera issue de sa famille, de l'endroit où il
habite et de la société dans laquelle il évolue.
Ainsi, nous distinguons trois formes de culture importantes, à
divers degrés, dans la construction identitaire du sujet : la culture
familiale, la culture de l'environnement proche du sujet, c'est-à-dire la
culture de son quartier et la culture de la société dans laquelle il vit. Par
conséquent, la construction identitaire pour l'individu est le produit de cette
imbrication culturelle.
La
culture familiale.
C'est la culture transmise par la famille. La famille transmet au sujet
ses usages qui englobent ses normes et ses valeurs morales, ses coutumes, sa
religion, son savoir et ses connaissances artistiques.
Pour G. Devereux, elle transmet aussi autre chose qu'il nomme
l'inconscient culturel. Il le définit faisant partie de l'inconscient, mais
concernant uniquement le matériel refoulé qui comprend les représentations des
expériences objectives extérieures et les expériences subjectives intérieures.
Il ajoute que cet inconscient culturel se compose des mécanismes de défenses et
la majeure partie du Sur-Moi. De plus, il le divise en deux groupes : le
segment inconscient de la personnalité ethnique et l'inconscient
idiosyncrasique.
Pour ce qui nous concerne dans ce paragraphe, nous définirons que le
premier groupe. « L'inconscient ethnique d'un individu est cette part de
son inconscient total qu'il possède en commun avec la plupart des membres de sa
culture. Il est composé de tout ce que, conformément aux exigences
fondamentales de sa culture, chaque génération apprend elle-même à refouler
puis, à son tour, force la génération suivante à refouler. Il change comme change
la culture et se transmet comme se transmet la culture … »[4].
Ainsi, nous constatons que, pour cet auteur, chaque ethnie à une partie
de son inconscient différente des autres ethnies. Ce segment inconscient de la
personnalité ethnique, pour l'immigrant serait peut-être une partie de ses
difficultés liées au passage d'une société à l'autre ou d'une culture à une
autre. Nous soulignons que pour l'immigré, qui a vécu la fin de la période
coloniale, quittant son pays anciennement colonisé, pour s'installer dans le
pays colonisateur, vient s'ajouter une difficulté supplémentaire à son
établissement chez son ancien « bourreau ».
La
culture du sujet influencée par son environnement.
Dans une même ville de banlieue, selon les quartiers, les différences en
termes d'habitations, de populations, de culture peuvent être significatives.
Certains quartiers de type pavillonnaires auront une population qui tend vers
l'homogénéité et une moindre variabilité culturelle alors que d'autres
quartiers auront une population plus dense qui habitent dans des
« blocs » et les cultures présentes pourront, dans certains cas, être
extrêmement nombreuses. Une telle disparité culturelle, à l'intérieur même d'un
quartier, nous fait dire que pour le sujet qui se construit, ces différentes
cultures participeront de près ou de loin à la construction de sa personnalité.
Prenons un exemple simple pour illustrer notre idée.
Dans les quartiers qu'ils soient difficiles ou non, nous faisons le
constat que les cultures des différentes ethnies se métissent. En effet, il
n'est pas rare de voir certains Français, blancs, de cités, dans lesquelles une
population musulmane est fortement représentée, faire le jeûne du ramadan, sans
être converti à l'Islam.
De plus, une culture artistique est en perpétuel développement au sein de
ces quartiers, notamment à travers le mouvement appelé Hip-Hop. Il regroupe des
arts différents comme la danse, le chant, la musique, les arts graphiques et la
mode. Il existe à travers des associations, des labels musicaux et se donne en
représentations amateurs ou professionnelles. Les individus de ces quartiers se
mobilisent pour trouver des solutions, entre autres, par le biais de la
culture, qui leur permettent de se sentir en vie et de palier les difficultés
qu'ils rencontrent au quotidien. Ainsi, ils se créent des espaces qui leur
permettront de refouler leurs pulsions culturellement dystonnes.
Les psychologues sociaux nous disent que ces populations créent de
nouvelles normes sociales. Certes, mais sur quelles bases et comment ?
Georges DEVEREUX apporte une précision non négligeable. Comme lui, nous pensons
plutôt, que ces individus inventent des « moyens défensifs » par leur
capacité à mobiliser leur « adaptabilité créatrice ». Nous
développerons plus loin cette idée.
La
culture Française.
Elle est riche, ancienne et diversifié. Elle rassemble les cultures
régionales qui la composent et les influences extérieures qui l'ont modelée
tout au long de son histoire. La première université française, à Paris, date
du XIIème siècle. L'enseignement en France, obligatoire jusqu'à seize ans, est,
l'un des principaux canaux de diffusion de la culture conjointement avec les
média nationaux et le fonctionnement des administrations comme le ministère de
la culture et la communication.
Son histoire et son rayonnement passé, sa langue, les philosophes des
lumières ont influencés des grands courants de pensées dans le monde. La
gastronomie, le patrimoine culturel, les arts, le savoir vivre et le sport sont
les principaux constituants de la culture française.
En outre, il faut tenir compte, des valeurs républicaines qu'elle défend
comme la déclaration des droits de l'homme et du citoyen (1789), la laïcité
(1905), mais aussi l'influence de la religion catholique qui est encore
aujourd'hui la plus représentée même si, ces derniers temps un recul au niveau
de la pratique est constaté.
Enfin, les valeurs traditionnelles et morales, les diverses politiques
culturelles, les normes sociales et les coutumes participent, au plan national,
à la culture française. Il est difficile de définir complètement une culture,
mais en balayant largement les grands traits qui constituent la culture
française, notre but est d'apporter quelques éléments indicatifs en rapport
avec notre sujet.
La
culture selon Georges DEVEREUX.
Pour G. DEVEREUX, la culture, d'une part, induit « un processus
psychologique de réification qui exerce une influence sur les personnes en tant
que composante de la personnalité de chacun » ; c'est-à-dire, que les
individus transforment en chose ou en objet ce qui est de l'ordre de la simple
représentation mentale.
D'autre part, la culture « est un système standardisé de défense et
qui, par conséquent, est solidaire des fonctions du Moi, puisque le Moi se
définit, en grande partie, dans la psychanalyse, par les mécanismes de
défense »[5].
Lorsque l'immigré entre en contacte avec le pays qui l'accueil, il se
trouve face à une culture différente de la sienne. Dans le but de s'intégrer,
il devra mobiliser en tant qu'homme, donc être de culture, sa capacité
« d'adaptabilité créatrice » ; c'est-à-dire, que l'homme
« fonctionne en tant que créateur, créature, manipulateur et médiateur de
culture en tout lieu et de la même manière ». Ainsi, par le concept de
sublimation, il peut arriver à s'établir dans cette nouvelle société.
En effet, pour l'auteur, le concept d'adaptation ne peut être utilisé,
car dans le cas d'une société malade, l'individu sain et rationnel s'y
adapterait en restant normal, donc sans introjecter les normes culturelles de
la société, ce qui nous semble pas logique.
Tout au long de sa vie, l'homme sera confronté au stress et subira des
traumatismes. G. DEVEREUX apporte une précision sur ces deux notions. « Le
stress est lié uniquement aux forces nocives qui atteignent l'individu ;
le traumatisme, aux résultats nocifs de l'impact de ces forces ».
Selon les individus, l'impacte de ces forces varie en fonction de la
capacité du sujet à mobiliser la disponibilité des défenses dans la situation
stressante.
De plus, il distingue le stress typique et atypique. Le premier peut être
imagé par le cambriolage. Une personne qui rentre chez elle et constate qu'elle
a été cambriolée, sera traumatisée car le stress ressenti aura été de forte
intensité. Cependant, le rituel qui accompagne cette situation, comme faire une
déclaration à son assureur et déposer une plainte au commissariat, ajouté au
fait que de parler de cet évènement traumatique en atténuera l'intensité, est
un moyen défensif culturel.
Le deuxième : « si la culture ne dispose d'aucune défense
préétablie, « produite en série », susceptible d'en atténuer ou d'en
amortir le choc », alors ce stress sera atypique.
Les
moyens défensifs culturels.
Qu'est-ce qu'un moyen défensif culturel ? C'est un élément ou un
trait culturel qui permet de faire face à une situation humaine traumatisante
afin de préserver le sujet d'un désordre psychique. Ainsi, pour G. DEVEREUX,
« les moyens défensifs » que la culture met à la disposition
de l'individu lui permettent de refouler ses pulsions culturellement
dystones ».
Par exemple, les rites accompagnants la mort dans notre société, sont
sensés faciliter l'acceptation de la perte d'un être cher, et donner la
possibilité aux survivants de faire leur deuil. Ces rites sont un moyen
défensif culturel.
L'auteur d' « Essais d'ethnopsychiatrie générale », nous
donne l'exemple de la nage en indiquant que « le Boschiman du désert de
Kalahari a fort peu de chance de tomber en eau profonde, la culture Boschiman
ne fournit probablement pas à ses membres une défense contre ce genre de
stress. L'enfant Boschiman n'apprend pas à nager. »[6]. La
nage, ici, peut être un moyen défensif qui permet dans ce cas d'éviter le
stress qui accompagne le fait de tomber à l'eau et de ne pas savoir nager.
[1] A-E. Azzi et O. Klein,
« psychologie sociale et relation intergroupes » Les Topos, Dunod,
Paris, 1998, p.66.
[2] G-N. Fischer, Les concepts
fondamentaux de la psychologie sociale, Dunod, Paris, 1996, p. 63-64.
[3] Le Petit Larousse
Illustré, Dictionnaire, Larousse Bordas, Paris, 1997.
[4] G. Devereux, Essais
d'ethnopsychiatrie générale, 3ème édition, Gallimard, 1977, p.4-5.
[5] G. Devereux, Essais
d'ethnopsychiatrie générale, 3ème édition, Gallimard, 1977, Chap. I.
[6] G. Devereux, Essais
d'ethnopsychiatrie générale, 3ème édition, Gallimard, 1977, p. 9.
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| samedi 08 mars 2008, a 11:18 |
| Municipales : vote sanction ou vote d’approbation ? |
Aujourd'hui, la
France vote. Moins d'un an après avoir élu son président, la France va
indirectement sanctionner la politique du gouvernement ou pas.
A mon humble
avis, il y aura pour ceux qui se déplaceront une grande envie de faire usage du
vote sanction.
En effet, cette élection ne bénéficie pas de l'engouement des
présidentielles, de la sur-diffusion de communication par le biais des média
notamment télévisuels. Pour le dire autrement, la manipulation des masses est
donc amoindrie.
Par conséquent
il y a forte chance que le parti de l'UMP se réveille lundi avec une
« gueule de bois »comme il n'a jamais connu. Si tel est le cas :
les gens de ce parti devront trouver un autre argument que celui si souvent
avancé pour calmer toute velléité de l'adversité : « les
Français ont élu Mr le président pour son programme et blablabla… » afin
de décrédibiliser les arguments des opposants.
De plus, ces
élections seront un révélateur de l'état du FN. Nous constaterons si ce parti
est fini ou pas. Malheureusement, si la réponse à ce constat est négative, je
me demande qu'aura gagné la France depuis les dernières élections
présidentielles.
Il se peut
également que si l'UMP prend une sévère déculottée en perdant des grandes
villes comme Marseille, il est à craindre des dissidences en son sein qui accentueront
les difficultés à gouverner ce pays.
Sachant que de
grandes négociations sociales sont prévues pour cette années, l'après
municipales risque d'être très conflictuelle entre la rue et le gouvernement.
Ainsi, seule une
très forte abstention pourrait sauvé le gouvernement.
Si c'était le
cas, chaque citoyen devra se poser la question de l'utilité du suffrage
universel tel qu'il est usité en France. Vu l'incompétence des hommes
politiques, tous partis confondus, à quoi sert-il de voter ? Gauche ou
Droite même combat : accéder au pouvoir.
Aujourd'hui, le
vote est un vote contre et non pour. Nous votons contre le pire et non pour le
meilleur. On vote contre le FN, ainsi en votant contre le FN on vote non par
choix mais par défaut UMP/PS.
Dans ce contexte
la démocratie ne peut être que déséquilibrée
par l'incompétence car dans ce système, il n'est jamais question du
meilleur.
Bonne réflexion
citoyenne. |
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| samedi 08 mars 2008, a 09:51 |
| De qui se moque-t-on ? Des pauvres … |
Le gouvernement pour relancer le pouvoir d'achat, a eu la brillante idée
de donner la possibilité aux salariés de racheter leurs congés. Il aurait été
plus simple et plus honnête d'augmenter les salaires, mais l'honnêteté est le
plus souvent forclose chez les gouvernants de notre pays.
Alors pourquoi est-ce une arnaque ?
Un jour de repos est égal à un jour non travaillé et payé, et lorsqu'on
décide de se faire payer ce jour de congé, on perd ce jour de repos, ainsi on
travaille et ce jour travaillé est lui soumis à l'impôt. Là, je dis bien vu le
gouvernement. La crise aidant dans une entreprise comme FT un quarts des
employés ont demandé ce rachat (que font les syndicats chez FT, on se demande,
alors que le besoin de pédagogie est flagrant car ils n'ont pas su expliquer
cette arnaque aux employés). C'est double jackpot pour l'Etat.
Pour que cela ne fût pas une arnaque, il aurait fallu racheter au double
ce jour de congé (mais cela faisait une trop grosse somme d'argent d'un point
de vu macro-économique. Et oui, 60€ en moyenne fois 22555 salariée, alors 60€
fois 2 fois 22555, faites le compte.
Ce type de proposition est une honte, s'attaquer aux plus faibles est
pire que tout. Cependant cela nous donne une indication sur l'équipe de bras
cassés qui dirige la France. Je ne suis en aucun cas de la LCR ou quelques
autres partis, je tiens à le préciser.
Mais là, chaque salarié qui a fait cette demande « me fait penser à un
crocodile qui rentre dans une maroquinerie » (Coluche).
Ce petit exemple me permet de rebondir sur des idées du moments qui
circulent dans certaines sphères bien pensantes telles que la lutte des classes
c'est fini, voir même il n'y a plus de classes sociales dans l'esprit des gens.
Peut-être, mais dans les têtes qui nous dirigent, les différentiations
sont bien présentes.
Que la réflexion survive …. |
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| mardi 04 mars 2008, a 11:32 |
| Que font la plupart des journalistes ? Du poeple ... |
Alors que notre pays est en crise économique, identitaire et sociale, l'élite journalistique française se met à faire du people. Bizarre, quand on se souvient des discours de certains sur ce type de presse, nous sommes en droit de nous poser la question : les journalistes, plus précisément ceux qui s'occupent de politique, ont-ils retourné leur veste ?
Ou est passée l'étique, la déontologie et la méthodologie de cette corporation. Peut-être un début de réponse lié au besoin de bénéfice qui dans tous les secteurs a déplacé le curseur de l'échelle des valeurs. Mon étonnement reste entier sur ces choix éditoriaux. Alors qu'il y aurait tant à critiquer, au sens étymologique du terme, sur les choix stratégiques de l'Europe, sur les choix économiques, sur les réformes etc,etc…
Un exemple concret de reforme importante et urgente : réformer Bercy, la façon de prélever l'impôt, la première réforme à faire était sûrement celle-ci du point de vue d'un citoyen landa.
Cependant, d'un point de vue de candidat, c'est le paquet fiscal. Et oui, chers concitoyens, il faut rembourser la campagne électorale. Et à qui ? A ceux qui ont prêté l'argent, ceux dont on parle dans les ou « leur » journaux, ceux qui prêtent leur bateau ou leur avion.
Mais le pire dans tout ça, c'est que les journalistes viennent se justifier de la façon du moment de traiter l'information politique dans des émissions télés. Là, être corporatiste à ce point, c'est navrant car ils ne s'en rendent même pas compte.
Enfin, il y en a un qui rigole et qui a raison, c'est notre président. Mais je souligne juste une chose, nous sommes en début de mandat. Dans cinq ans, il en sera autrement. Vivement 2012.
Bonne année 2008. |
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| dimanche 16 décembre 2007, a 11:54 |
| Le prince Jean est au pouvoir, mais ou sont Richard et Robin des bois. |
De qui se moque-t-on ? Des cons …
Le gouvernement pour relancer le pouvoir d'achat, a eu la brillante idée
de donner la possibilité aux salariés de racheter leurs congés. Il aurait été
plus simple et plus honnête d'augmenter les salaires, mais l'honnêteté est le
plus souvent forclose chez les gouvernants de notre pays.
Alors pourquoi est-ce une arnaque ?
Un jour de repos est égal à un jour non travaillé et payé, et lorsqu'on
décide de se faire payer ce jour de congé, on perd ce jour de repos, ainsi on
travaille et ce jour travaillé est lui soumis à l'impôt. Là, je dis bien vu le
gouvernement. La crise aidant dans une entreprise comme FT un quarts des
employés ont demandé ce rachat (que font les syndicats chez FT, on se demande,
alors que le besoin de pédagogie est flagrant car ils n'ont pas su expliquer
cette arnaque aux employés). C'est double jackpot pour l'Etat.
Pour que cela ne fût pas une arnaque, il aurait fallu racheter au double
ce jour de congé (mais cela faisait une trop grosse somme d'argent d'un point
de vu macro-économique. Et oui, 60€ en moyenne fois 22555 salariée, alors 60€
fois 2 fois 22555, faite le compte.
Ce type de proposition est une honte, s'attaquer aux plus faibles est
pire que tout. Cependant cela nous donne une indication sur l'équipe de bras
cassés qui dirige la France. Je ne suis en aucun cas de la LCR ou quelques
autres partis, je tiens à le préciser.
Mais là chaque salarié qui a fait cette demande « me fait penser à un
crocodile qui rentre dans une maroquinerie » (Coluche).
Ce petit exemple me permet de rebondir sur des idées du moments qui
circulent dans certaines sphères bien pensantes telles que la lutte des classes
c'est fini, voir même il n'y a plus de classes sociales dans l'esprit des gens.
Peut-être, mais dans les têtes qui nous dirigent, les différentiations
sont bien présentes.
Que la réflexion survive …. |
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| dimanche 11 novembre 2007, a 14:25 |
| Appel à un soutien aux cheminots grévistes et à tous les autres. |
Pourquoi cet
appel à soutenir les grévistes ? Pourquoi cet appel à la solidarité ?
Il est clair que
les clients de la RATP et de la SNCF se préparent à une semaine très difficile.
Les salariés du secteur privé aigris vont se compresser dans le peu de
transports (métro, train, bus, tramway) mercredi 14 novembre. Certains
prendront leur véhicule et pesteront contre les grévistes dans les
embouteillages. D'autres prendront un jour de congé pour garder leurs enfants,
ce qui ne les arrangera pas. En effet, cela va être le bordel !
Cependant,
beaucoup de gens se plaignent, entre autres, que leur pouvoir dachat décroît.
Le taux horaire est en baisse constante. Aujourdhui, les jeunes diplômés en master,
pour la plupart, acceptent des premiers emplois à moins de 1500 euros net mensuels
(après avoir été stagiaire non ou peu rémunéré).
Rappel de
la réalité aux élites : exemple de la vie réelle.
Pour louer un F2
ou T2 le loyer moyen en banlieue limitrophe de Paris est de 800 euros. Sachant qu'il
faut pour avoir la possibilité de bien gérer son budget (ie, avoir une capacité
d'endettement) et être en accord avec les principes du marché de la location
qui veut que le loyer doit être égal au maximum au tiers du salaire, nous
soulignons un vice dans le contrat : 1500/3 = 500. 300 euros d'écart.
Ainsi, le jeune
diplômé est forcé d'avoir un garant, en général ses parents, pour pouvoir les
quitter. Le gouvernement a une vision bizarre de l'autonomie et l'émancipation
de la jeunesse en France. Nous pouvons généraliser cette vérité à l'ensemble
des salariés qui gagnent mensuellement 1500 euros et moins.
Il ne reste plus
que, au mieux 700 euros pour se nourrir, payer les charges (téléphone, edf-gdf,
impôts et impôts locaux, 50% de la carte orange, mutuelle, assurance maison),
shabiller et épargner. Je ne parle pas de ceux qui ont une voiture auxquels
nous ajoutons coût dentretien, assurance de la voiture et l'essence. Le tout avec 700
euros soit les Français sont les rois de la gestion de budget, soit ils sont endettés ou
surendettés. Malheureusement quand on voit ce qu'on achète avec 100 euros je penche
pour la deuxième solution.
Alors Monsieur
Xavier Bertrand vos chiffres reflètent-ils cette réalité ? Là est la
question.
De plus, je ne
parle pas de ceux qui ont un ou des enfants à charges.
Il est clair que
l'avenir n'est pas au beau fixe et que cet exemple concerne beaucoup de gens en
France.
Ainsi, soyons
solidaire avec ceux qui peuvent encore faire grève et se battre pour défendre
nos droits et approuvons leur mouvement en les soutenants. Noubliez pas que
nous ne sommes que des salariés et que le chômage nous guète passé quarante
cinq ans dans le meilleur des cas. |
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| dimanche 28 octobre 2007, a 11:29 |
| Quand l’incompétence s’immisce dans les couloirs du pouvoir. |
Aujourd’hui,
passé 35 ans, mon esprit critique me permet d’analyser et de comprendre les
enjeux du pouvoir. Logiquement, les hommes désirant avoir une place dans les
hautes sphères des décideurs devraient de par leur parcours susciter le respect,
la confiance, l’envie et le bon sens. Ces quatre adjectifs devraient être
l’ossature de la personnalité de l’homme qui veut se présenter au suffrage
universel quelque soit le niveau visé (de la municipalité à l’élection
présidentielle).
Cependant, le constat de la réalité laisse un goût amer, aucun
des hommes et des femmes politiques de ce pays n’a au moins un des traits cités
ci-dessus. En effet la réalité des choses observées par les sciences humaines comme
la sociologie, la psychologie, l’ethnopsychiatrie nous montre que l’homme qui
dirige est à l’image du monde dans lequel il se meut.
Aux dernières
élections une nouvelle génération d’hommes et de femmes politiques ont pris le
pouvoir dont les principaux traits de personnalités sont différents de la
précédente ce qui est cohérent avec l’évolution des générations qui elles-mêmes
suivent l’évolution de la société.
Ainsi, en
comparant ces deux générations, j’observe que la culture de la haute
bourgeoisie à évoluer aussi. D’une culture humaniste, paternaliste et
conservatrice elle est passée à une culture d’arriviste, individualiste et
consommatrice.
Là, je souligne
une régression. Il est clair que cette génération nous emmène droit dans le mur
car les valeurs qu’elle véhicule sont préjudiciables à la nécessité de rassembler
un pays. L’individualisme est incompatible au collectif. Cette nouvelle
génération ne cache plus son jeu. Elle expose ses valeurs dans les média en
manipulant les masses.
Penchons nous sur
la « loi ADN », qui sert à renforcer les préjugés et le conflit
d’intérêt. Nous avons pu entendre des membres du gouvernement la présenter
comme une avancée pour les immigrants des pays dont les actes civils sont
difficiles à prouver, notamment dans les pays africains dévastés par la guerre
civile. Ainsi le père, dont les papiers sont en règles, par le biais de test
ADN, dont les résultats se basent sur une corrélation des gênes de la mère,
pourra faciliter le rapprochement familial de son enfant. J’en prends note.
Mais quelle amélioration apporte cette loi sur la régulation des flux migrant.
Aucune, elle touchera à peine 5000 personnes par an.
Un deuxième
argument diffusé dans les média expliquait que déjà dans 12 pays d’Europe,
cette loi existait, par conséquent elle ne pouvait qu’être bonne. Toute cette
semaine, je me suis posé cette question : « Comment peut-on avancer
un tel argument lorsqu’on est au pouvoir ? ».
Il est clair que
cette réponse indique l’irrespect fait aux électeurs et l’évitement de la
réponse. La peine de mort existe dans un grand nombre de pays, ce n’est pas
pour cela que c’est une bonne loi. Faire autant d’années d’étude pour sortir de
telles imbécillités, sans avoir honte, c’est terrible pour le peuple de France.
Ne soyons pas
naïfs, cette loi est un message clair envoyé à l’électorat de la droite dure et
l’extrême droite, en vue des élections municipales.
Notre président
avec sa culture de résultat ne supporterait pas un échec au municipale.
Cependant, je me permets de rappeler que cette culture engendre des
psychopathologies, cqfd. Les études sur « le monde du travail » le
montre de plus en plus.
Voilà où mène la
manipulation des masses. A faire une loi discriminante qui touchera très peu de
personnes et qui pour une réforme sur l’immigration va avoir très peu d’effet
sur la régulation des flux. Ainsi cela ne résout rien, en fait c’est une
« réformette », qui en revanche d’un point de vue philosophique est
très tendancieuse donc dangereuse. Où est le bon sens dans cette loi ?
Nulle part.
Force est de
constater le niveau d’incompétence de la nouvelle génération d’hommes et de
femmes politiques à diriger notre pays. Néanmoins nous pouvons que nous émerveiller
devant tant d’intelligence et d’ingéniosité donc de compétence mis en place
pour le gain d’une élection électorale.
C’est là le
quiproquo, les politiques ne s’occupent que de leur carrière, alors que le
peuple attend qu’ils s’occupent d’eux. Dieu sait (s’il existe, bien sûr) que ce
n’est pas nouveau.
Par conséquent,
je peux crier haut et fort que les individus qui nous dirigent sont
incompétents. Leur but n’est pas de rendre le citoyen intelligent car il ne
serait plus manipulable. Leur unique but est de satisfaire leurs besoins, ne
l’oublions jamais. |
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| dimanche 16 septembre 2007, a 10:25 |
| a joke |
quel est le comble du chômeur ?
c'est d'être embauché soit par l'ANPE ou les ASSEDICS. |
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| samedi 08 septembre 2007, a 11:38 |
| Discutons. La banlieue suite ... |
Maintenant que certaines notions, dans un but de compréhension, ont été
précisées, développons notre point de
vue. Dans cette recherche, nous nous intéressons aux problèmes, dépendant de la
culture française, qui sont posés aux
individus dont les parents ont immigré des anciennes colonies françaises
d’Afrique.
Dans un premier temps nous tenterons d’appréhender les difficultés que
rencontrent ces individus dans la société française à introjecter les moyens
défensifs culturels. Dans un second temps, nous discuterons du problème que
pose les préjugés véhiculés par les médias dans les analyses de certains
chercheurs sur la banlieue.
Aujourd’hui, la mobilité de l’homme est devenue nécessaire à sa survie.
Les candidats à l’immigration quelque soit le pays d’origine sont de plus en
plus nombreux, même si les média en France se focalisent plus sur les pays
Africains.
En effet, dans la presse, nous observons différents termes pour désigner
l’immigrant, comme les mots « réfugié économique » ou « réfugié
climatique ». Nous sommes aux portes d’un nouveau monde, pour lequel le
métissage des populations ainsi que le métissage culturel qui en résulte est
inéluctable.
Les pays occidentaux, en réponse à la pression économique, cherchent les
moyens de contrôler ces flux migratoires
constants. Ils tendent à un repli sur eux-mêmes en intensifiant la répression à
leurs frontières. Nous citerons deux exemples pour soutenir notre propos.
Les Etats-Unis construisent depuis peu, un mur le long de la frontière
Mexicaine afin d’empêcher les immigrants, pour la plupart d’Amérique du Sud,
d’affluer dans ce pays qui, paradoxalement c’est construit grâce à
l’immigration.
Nous n’oublierons pas que pendant l’été 2006, la police des
frontières Espagnole a ouvert le feu sur des Africains tentant de passer un mur
grillagé faisant un nombre conséquent de victimes. Ces hommes, dont le seul
péché était d’aspirer à une vie meilleure, sont morts, et ce sans que le monde
occidental en soit choqué.
Alors, oui, l’homme qui émigre, colonisé ou non, qui s’exile, est perturbé psychologiquement et le conflit
intrapsychique naît bien avant de rencontrer l’Autre.
Le rapport entre les groupes, peut donc être ici, constitutif du conflit
d’intérêt que nous avons expliqué plus haut. Comme pouvait l’être celui des
immigrés dans les années 60-70 du siècle dernier. Cependant celui qui immigre
n’est pas préparé à faire face à la fréquence du stress atypique rencontré et
cela dès son départ. Car, la plupart des immigrants viennent de sociétés sédentarisées
dont les moyens défensifs proposés par leur culture ne peuvent en atténuer le
choc.
De plus, une fois établit dans le pays d’accueil, la difficulté du
réfugié est de pouvoir introjecter les moyens défensif de la société dans
laquelle il s’installe, en mobilisant sa capacité « d’adaptabilité
créatrice » qui lui permettra de relever le nouveau challenge qui lui fait
face. Encore faut-il que les possibilités lui en soient données. Effectivement,
le conflit psychique à l’œuvre dans cette situation se situe, aussi, au niveau
du segment inconscient de la personnalité ethnique. Sans guide, l’individu dont
la culture ne permet pas, dans ce nouveau pays, d’activer des défenses afin
d’affaiblir son conflit ne peut se retrouver. Le modèle culturel dans lequel il
évolue n’est pas compatible avec le sien.
Ainsi, pour l’immigré des anciennes colonies Françaises, perturbé par la
colonisation, par son immigration et le modèle culturel différent qu’il
découvre, sont autant d’obstacles à l’éducation de ses enfants qui sont dus à
la perturbation de la personnalité ethnique de ces individus. Ce constat nous
permet de mieux comprendre les difficultés que rencontrent les enfants,
Français, de ces anciens colonisés dans notre société.
La culture française, par le biais de sa langue parlée mais aussi écrite,
permet, quand nous la maîtrisons, d’exprimer, de revendiquer ou d’exposer
clairement les problèmes, les conflits qui nous perturbent. Le langage est
sûrement en tête de liste de la hiérarchie préférentielle des défenses de notre
culture. G. DEVEREUX nous dit : comme les minorité d’une société, les
étrangers « n’ont pas accès aux importants moyens de défenses culturels
que la culture réserve aux classes privilégiées »[1].
Notamment la non maîtrise de la langue empêche une insertion correcte au sein
de la société. Il est facile de vérifier cette hypothèse en observant le nombre
de Français issus de l’immigration accédant à des postes importants dans notre
société. D’ailleurs pour tenter de palier ce phénomène, l’idée du moment serait
d’appliquer une discrimination positive. Cela dénote d’un réel problème, même
si ce n’est pas la solution. Par exemple, nous pouvons supposer que les
émeutiers des évènements de Novembre 2005, s’ils avaient introjecté le moyen
défensif du langage parlé et écrit, auraient pu revendiquer un meilleur
traitement, par le biais de lettres ouvertes et de déclarations collectives
dans les médias. Ils n’auraient peut être pas utilisés comme moyen de
communication l’incendies de voitures, d’écoles ou de bibliothèques.
Un autre exemple, pour confirmer ce que nous avançons, est le fait que le
concours d’entrée à Science Po a des critères d’admission différents selon
qu’un candidat provient ou non d’une ZEP[2] . Un
des indices corroborant notre propos est le fait, que même les élites de ce
pays reconnaissent implicitement, que pour ces minorités la langue comme
défense culturelle n’est pas suffisamment acquise.
Néanmoins, dans leurs transmissions la culture et les traditions se
transforment, évoluent. Les nouvelles générations mettent en place des défenses
qui n’existaient pas auparavant. Elles se situent, certes, à des niveaux plus
bas dans la hiérarchie des défenses culturelles, mais elles révèlent
« l’adaptabilité créatrice » de ces populations. Notamment, grâce à
l’humour bien spécifique de la banlieue, dont le psychanalyste Philippe LÉVY
trop éloigné de, ou par, ses origines de ce milieu, ne peut pas comprendre. À
la vue de l’exemple qu’il donne pour soutenir son hypothèse qui est « s’il
existe une pathologie des banlieues, elle procède principalement d’une
perturbation dans la capacité de mise en place de l’Autre... »[3]. Il
image son exemple, par l’interpellation ironique ou Witz, que lui fait
un adolescent de Villetaneuse pour appuyer son argument. Nous nous demandons si
la moquerie peut être à la base d’une perturbation dans la capacité de la mise
en place de l’Autre. Sachant que l’humour dans la culture Française, et cela
depuis au moins le XIXème siècle avec des chansonniers comme A. BRUAND, tient
une place considérable, nous nous interrogeons sur les projections de ce
psychanalyste vis-à-vis de cet adolescent. Cependant, nous sommes sûr que ce
jeune, lui, possède bien le moyen défensif culturel qu’est l’humour et s’en
sert à bon escient afin de contenir le conflit que réveille, en lui, la vue de
ce psychanalyste.
De telles erreurs ne peuvent que l’égarer dans sa pratique quotidienne de
la psychanalyse. Car ne pas tenir compte, du fait, que l’humour, surtout pour
les classes défavorisées, est très souvent utilisé comme défense, ainsi que de
vouloir en faire un des aspects pathologique de la banlieue, est sûrement
déplacé. Mais cet exemple, nous montre bien l’importance de prendre la culture
au sens de l’Universelle dans un diagnostic. Faute de prendre ce phénomène en
considération on aboutit immanquablement à des erreurs d’appréciation.
Certains auteurs analysent la violence des jeunes comme la conséquence de
l’absence du père qui aurait laissé sa place à une mère archaïque. Pour
reprendre notre exemple des émeutes de Novembre 2005, si nous suivons leurs
conclusions, la cause de ce phénomène serait du à la démission du père,
remplacé par une mère archaïque laissant la libre expression des pulsions
violentes. Ces conclusions seraient éventuellement vraies, à supposer que les
perturbations de ces individus se situent au plan idiosyncrasique. C’est-à-dire
que les traumatismes soient localisés dans l’inconscient privé.
En fait, lorsque ses perturbations sont la cause des types de structures sociales, alors ces troubles
sont du ressort des désordres types[4]. En
effet, il est difficile de concevoir que les jeunes qui se sont révoltés en
France, pendant cette période, étaient tous victimes d’une pathologie telle que
schizophrénies, névroses obsessionnelles, etc. Ainsi l’explication donnée par
ces auteurs semble quelque peu hâtive.
A l’image de J-J RASSIAL nous disant : « Le social vient
confirmer le mépris du père]… [Ou bien cela pousse à l’appel à un Autre
archaïque, pré-paternel, maternel ou ancestral, non réduit par le nom-du-père,
dans cet intégrisme du fils à concevoir non pas comme traditionalisme]… [ Mais
comme recherche d’un fondement, d’un fondamentalisme antipaternel, dont
l’exercice n’est pas secondairement mais essentiellement terroriste au sens ou
ce qui s’oppose au père, c’est le pire »[5]. Nous
soulignons que pour valider son argument, il prend en exemple des groupes
(skinheads, supporters puis ethnique) qui du point de vue d’une analyse se
basant sur l’inconscient ne peut pas porter sur l’inconscient idiosyncrasique
mais bien ethnique. Si le social méprise le père, il n’y a pas de raison qu’il
ne méprise pas la mère, même si celle-ci est synonyme, ici, d’archaïsme. La
violence, dans le cas que nous évoquons, est du ressort de désordres types, car
non idiosyncrasique, au sens ou G. DEVEREUX l’emploi, c’est-à-dire déterminé
par le type de structure sociale. Développons cette idée. Aujourd’hui, les
pères des classes défavorisées au sein de la Famille sont toujours respectés.
Le père que ce soit du point de vue symbolique ou du point de vue de la réalité
quotidienne n’est sûrement pas « méprisé » tout du moins au niveau
familiale. Cependant la société française qui idolâtre la réussite sociale du père gagneur, relevant
les défis en écrasant ses concurrents alimente et pérennise non pas le mépris
du père mais sa négation pour les catégories sociales défavorisées. Même si la
réussite d’une vie ne peut se résumer à la réussite sociale. Ainsi cette misère
ne fait pas appel à un Autre archaïque, mais elle ravive les conflits
d’intérêts qui s’étayent sur la violence symbolique au sens ou le définit P. Bourdieu,
les préjugés et les stéréotypes qui appartiennent à l’inconscient ethnique de
ces populations. Ainsi la violence est du fait que la culture française ne
partage pas ses moyens défensifs culturels avec ces populations, qui se
retrouvant désarmées face aux situations de stress intensif qui éveille en elle
la peur, le doute et l’angoisse, font que les moyens défensifs qu’elles
inventent sont en dysharmonies ou déviantes voir dystoniques avec ceux
existants de la culture française. Notamment dans le cas des émeutes ou les
participants brûlent et vandalisent leur
quartier.
De plus, il continue « la forme d’expression privilégiée de cette
nouvelle délinquance n’étant plus le vol comme obtention d’objets de désir,
mais à l’extrême, le viol collectif comme appropriation collective des femmes
du père, et comme recherche d’une Autre jouissance. ». Cet homme est
visiblement très mal renseigné et il est plus intéressé par les mots d’esprit
qu’il fait que par son raisonnement intellectuel. Les viols collectifs dans les
cités ne sont pas une nouvelle forme de violence puisque cela existe depuis
1960, au moins. Nous sommes là devant le même souci que précédemment. Méfions
nous des projections que l’on peut faire lors d’une analyse d’un fait. Restons
humble face aux difficultés.
Pour terminer, je voudrai préciser que je ne remets pas en question
l’hypothèse de la mère archaïque qui existe dans les thèses psychanalytiques.
Je dis simplement qu’ici cette théorie ne peut pas justifier les comportements
violents de certaines catégories d’individus de la banlieue, car je le répète
notre analyse pour être crédible se situe sur le plan de l’inconscient ethnique
et non idiosyncrasique. En effet, en psychologie les nosographies de l’individu
sont différentes des nosographies sociales.
Ainsi, s’il doit y avoir une pathologie des banlieues, il est préférable
de l’analyser en terme de désordres types lesquels désignent les maladies
psychologiques propres au types de sociétés qui le produit.
Nous finirons en rappelant la mise en garde que G. DEVEREUX nous
fait : « Ce sont, du point de vue ethnopsychiatrique, les plus
malaisées à définir et les moins bien connues et étudiées. »[6].
Par conséquent, aujourd’hui, les problèmes de la banlieue, sont plus
difficiles à appréhender que certains pourraient le penser. Dans cette partie,
nous avons voulu montrer l’importance de l’approche ethnopsychiatrique dans le
diagnostic fait sur un groupe ou un individu.
La deuxième partie reste à venir ….
[1] G. Devereux, Essais
d’ethnopsychiatrie générale, 3ème édition, Gallimard, 1977, p. 12.
[2] ZEP : zone
d’éducation prioritaire.
[3] J-J. RASSIAL, y a-t-il une
psychopathologie des banlieues ? ,érès, Ramonville,1998, p. 18.
[4] G. Devereux, Essais
d’ethnopsychiatrie générale, 3ème édition, Gallimard, 1977, p. 73.
[5] J-J. RASSIAL, y a-t-il une
psychopathologie des banlieues ? ,érès, Ramonville,1998, p. 13.
[6] G. Devereux, Essais
d’ethnopsychiatrie générale, 3ème édition, Gallimard, 1977, p.
62-63.
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| dimanche 19 août 2007, a 11:22 |
| La banlieue du point de vue de l’ethnopsychiatrie. |
Depuis le début des années 80 en France, nous entendons parler du
« malaise » des banlieues. Les derniers évènements de Novembre 2005
n’ont été qu’un rappel du dit malaise. Il est issu de plusieurs facteurs qui
sont toujours difficiles à comprendre aujourd’hui.
Il y a, certes, beaucoup d’écrits sur les différentes populations vivant
dans les banlieues. Beaucoup de chercheurs de disciplines diverses telles que
l’histoire, l’économie, la politique, la psychologie et la sociologie se sont
penchés sur ce sujet. Tous apportent leur vérité propre à leur discipline.
Cependant, les études ethnopsychiatriques, psychiatriques,
psychanalytiques, en France, ne sont pas autant développées que les premières
disciplines citées. Notamment concernant notre objet de recherche qui porte sur
les moyens défensifs culturels.
Quand on parle de banlieue, on parle nécessairement de la population qui
y habite, population si diversifiée qu’il est difficile de faire des
généralités. De telles différences dans ces populations impliquent une
diversité culturelle voisines, les unes des autres.
Cette diversité culturelle pose semble-t-il un problème en France, un
sentiment que l’on observe souvent dans les média. Source de nombreux
fantasmes, la banlieue « délie » les langues des nombreux penseurs et
chroniqueurs portés sur le sujet. Tous les maux lui sont attribués et l’Autre
en est la cause.
Cependant, la banlieue est aussi
le lieu de créations nouvelles, de réussites et de connaissances. Sa population, si diverse, a
su se constituer une identité propre, son « label », notamment chez
les plus jeunes. Ces individus, qui sont issus d’horizons différents, se sont
offerts le luxe de métisser leur culture entre elles, sûrement dans le but de
mieux vivre ensemble.
Ainsi, la banlieue, pour l’observateur averti, peut être un laboratoire
du vivant, du vivre ensemble, du culturel et de ce lien social parfois tant décrié, à l’image d’un chaudron
toujours en pleine ébullition.
Le sujet de cette étude portera sur l’Autre en tant qu’être de culture.
Plus précisément sur la prégnance de la culture dans la construction
identitaire. Ainsi, comme à l’image de
l’œuvre de Georges Devereux, il est peut être possible, d’identifier des
invariants culturels mais également à penser la culture comme universelle.
Le quotidien précaire dans lequel vie une partie de la
population des banlieues, la proximité policière qu’elle subit jour après jour,
et tenant compte des rivalités entre bandes de quartiers qui parfois sont
meurtrières, sont trois caractéristiques de certaines villes de la banlieue
parisienne et plus précisément de certaines cités (les Bosquets à
Montfermeilles, les 4000 à La Courneuve, la Grande Borne à Grigny …). Nous
remarquons que ces trois éléments, que sont la présence policière, la précarité
et les rivalités de voisinage, faisaient aussi partie du décor dans les
colonies Françaises et notamment dans les quartiers des colonisés.
Ainsi, en peuplant ces quartiers avec de nombreux travailleurs Africains
immigrés des anciennes colonies Françaises
avec leurs familles, certains problèmes rencontrés pendant l’ère
coloniale ont, eux aussi, « immigrés ». Notamment les difficultés
économiques de ces familles et cette situation angoissante qu’est le contrôle
des papiers d’identité à répétition aux abords des quartiers sensibles. Ces
deux faits et plus précisément le second, nous interrogent sur la manière
qu’ont, par exemple, les jeunes de ces quartiers de se percevoir comme
Français.
En effet, pour appuyer cet argument, pendant ce fameux mois de novembre
2005 la loi prorogeant l’application de la loi N° 55-385 du 3 avril 1955 a été
réactivée pendant un certain temps par le gouvernement. Est-ce un hasard si
cette loi rétablie pendant un temps, avait été votée à l’Assemblée Nationale au
début de la guerre d’Algérie.
Nous savons aujourd’hui que la colonisation a perturbé le processus
identitaire des peuples colonisés (un autre exemple, avec les Harkis qui sont
des Algériens ayant fui leur pays avec les militaires Français lors de
l’indépendance de l’Algérie. Ils se sentaient probablement plus Français mais,
en arrivant en France, ils se sont retrouvés parqués dans des camps à la sortie
des villages, non reconnus comme français, sans identité).
Or, Frantz FANON écrit dans les Damnés de la terre en introduction
du chapitre des cas psychiatriques rencontrés pendant la guerre
d’Algérie : « La vérité est que la colonisation, dans son essence, se
présentait déjà comme une grande pourvoyeuse des hôpitaux psychiatriques. Dans
différents travaux scientifiques nous avons, depuis 1954, attiré l’attention
des psychiatres français et internationaux sur la difficulté qu’il y avait à
« guérir » correctement un colonisé, c’est-à-dire à le rendre homogène
de part en part à un milieu social de type colonial. Parce qu’il est une
négation systématisée de l’autre, une décision forcenée de refuser à l’autre
tout attribut d’humanité, le colonialisme accule le peuple dominé à se poser
constamment la question :
« Qui suis-je en réalité ? » »[1].
Si nous sommes en accord avec Frantz FANON, alors avant d’immigrer en
France, l’individu était toujours à la recherche de son identité. Ce qui, une
fois parti de son pays natal, ajouta une difficulté supplémentaire à son
« adaptation », « assimilation », « intégration »
dans le pays d’accueil. De plus, il a fallu en tant qu’immigré, passer du
statut de colonisé à celui de réfugié économique. Lequel des deux a pris le pas
sur l’autre ?
Autrement dit, un individu qui a du mal à se reconnaître, à s’identifier
ou qui est dans un questionnement identitaire parce qu’il immigre, ses
interrogations auront un impact au niveau de l’éducation de ses enfants et de
la transmission culturelle, d’autant plus si ce pays d’accueil est l’ancien
pays colonisateur. Ainsi ces enfants devraient avoir, eux aussi, un
questionnement identitaire qui tendrait vers une ambivalence entre la culture
et les normes sociales du pays des origines familiales et celles du pays
d’accueil.
Pour ce qui est du conflit psychique, le Laplanche et Pontalis le définit
plus particulièrement comme résultant « des exigences internes
qui s’opposent.]…[la psychanalyse considère le conflit comme constitutif
de l’être humain et ceci dans diverses perspectives : conflit entre le
désir et la défense, conflit entre les différents systèmes ou instances,
conflits entre les pulsions, conflit oedipien enfin ou non seulement se
confrontent des désirs contraires, mais ou ceux-ci s’affrontent à l’interdit »[2].
Cette définition nous dit clairement que le conflit est une composante de
l’identité. Pour la population qui nous intéresse ici, le conflit ne peut-être
que différent de celui de la population d’accueil ; il en va de même
concernant leur quête identitaire.
Autrement dit, la construction de l’identité du sujet s’abreuve de son
environnement familial et extrafamilial. La culture, sur le plan familial, sera
première pour le développement psychique de l’individu. Cependant sur le plan
extrafamilial, la culture et les normes sociales du pays dans lequel il vit
ainsi que les différentes normes sociales et culturelles de son quartier
influeront aussi sur celui-ci.
Par conséquent, le conflit identitaire pour le sujet se situe sur trois
plans culturels différents : familial, environnemental (le quartier, la
cité) et national.
Illustrons par un exemple notre idée. Aujourd’hui, pour un individu
vivant dans une cité de la région parisienne sa culture familiale peut être
africaine, la culture de la « cité » peut être la culture et les normes
du hip-hop et la culture nationale est la culture française. Nous remarquons
ici trois cultures qui s’alimentent les unes des autres de façon différentes,
mais qui sont loin d’être représentatives de la population générale française.
Selon G. Devereux, « les moyens défensifs que la culture met à la
disposition de l’individu afin de lui permettre de refouler ses pulsions
culturellement dystones peuvent s’avérer insuffisantes ». Nous pouvons
supposer lorsque la culture familiale est différente de la culture nationale,
que les moyens défensifs proposés par la société nationale, française par
exemple, ne soient pas introjectés ou tout du moins plus difficilement par la
population de ces cités, qui dans certains cas les dénient apriori.
Nous faisons donc l’hypothèse que les « moyens défensifs »
proposés par la culture française, au
sujet « normal » issu des populations immigrées des anciennes
colonies sont, soit difficilement introjectés soit, tout simplement déniés.
Cette population n’a pas la possibilité d’intérioriser suffisamment les
normes culturelles françaises qui lui permettraient une certaine
« adaptabilité créatrice », c’est-à-dire, entre autre, une certaine
identification à la population française. De ce fait, le sujet ne peut pas se
libérer de son angoisse, d’extérioriser ses pulsions dystones à la culture
française. D’où, en partie, le malaise ambiant depuis vingt ans dans ces
quartiers.
Ainsi, ne faisons plus semblant de s’étonner que les bibliothèques, les
écoles sont incendiées par des jeunes « banlieusards ». Les grands
penseurs, les hommes politiques et certains éditorialistes s’insurgent contre
ces actes de vandalisme des lieux dont la symbolique est le Savoir (moyen
défensif culturel). Visiblement ils n’ont pas assez réfléchi au problème qu’ils
ne peuvent percevoir que de leur point de vue culturel de blanc européen. Ne
leurs en voulons pas, car nous ne pouvons pas penser un sujet dont on ne
soupçonne pas l’existence ; la transmission culturelle ?
C’était en juin 1982, toute la famille était réunie devant la fameuse demi-finale
France-Allemagne en Espagne. A l’époque j’avais onze ans, loin de comprendre ce
qu’il se jouait au niveau culturel à ce moment précis. Pendant les
prolongations de ce match j’ai entendu tant d’insulte sur les Allemands et des
remarques qui faisaient référence à cette période de l’histoire qu’est l’occupation, qu’aujourd’hui je constate
qu’un traumatisme qui touche l’ensemble d’une population se transmet de
génération en génération. Alors je pose la question qui a été traumatisé
pendant la colonisation, qui a été dominé ? Certainement pas le peuple de
France. Donc si les Français peuvent avoir autant de rancoeur pendant un match
de foot après un peuple avec lequel il n’est plus en guerre depuis 37 ans,
alors il peut-être humain pour les peuples des anciennes colonies Françaises et
de leurs descendants d’en avoir aussi, non ?
Je rappelle que l’occupation allemande n’a durée que 5 à 6 ans. Alors que
pour les colonies le traumatisme s’est étalé sur plusieurs générations.
Maintenant ouvrez grand vos yeux et observez dans quelles conditions de vies
nous (dé-) laissons vivre ces populations dans nos banlieues. Pas d’accès au
logement, encore moins au travail, pas d’accès à la vie tout simplement. Voilà
où nous mène la « négation culturelle », le déni de l’Autre : à
la violence. Pourquoi parle-t-on autant de devoir de mémoire de nos
jours ?
Je suis né d’une mère Normande et d’un père Kabyle. Je ne veux pas brûler
la France, cependant je ne veux pas que la France m’exclu.
A suivre...
[1] F. Fanon, les damnés de la
terre, La Découverte & Syros, Paris, 2002, p. 239-240.
[2] J. Laplanche et J-B
Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse,Quadrige & Puf, 3ème
édition, Paris, 2002, p. 90.
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| dimanche 12 août 2007, a 11:40 |
| Le vote est une illusion tel un dieu. |
Je ne vote pas car la France est le
troisième pays exportateur d’armes au monde.
Je ne vote pas parce que les
campagnes électorales sont payées par les entreprises. Ce qui implique des
accords comme dans tout négoce.
Je ne vote pas car dans ce pays des
soi-disant Droits de l’Homme, ils entassent les détenus dans les prisons et en
ce moment des rafles de famille entière sont ordonnées afin d’être renvoyées
comme des colis dans leur pays, Ah, Marx, le Capital. L’homme une simple valeur
marchande ?
Je ne vote pas parce que la
politique est la servante de l’économie, et d’où je viens nous disons plutôt la
politique est la pute et l’économie est son Mac (Macro, pas le terme éco).
Je ne vote pas car dans ce pays, la
plupart des diplômés en Master sortent incultes. Preuve :
Les consultants juniors ou pas
d’ailleurs, à qui certains laissent la tâche de préparer des plans de
licenciement, n’ont-ils jamais entendu parlé de l’expérience de Milgram Stanley
sur le niveau d’obéissance ? Réveillez-vous les gars, il en va de votre
dignité d’homme et la dignité s’atteint par le chemin de l’intelligence
c’est-à-dire l’insight ; voire l’expérience du singe en cage, du bâton et
de la banane.
Je ne voterai pas tant que la
remarque de G. Devereux sera d’actualité, je cite :
« Mais des adultes
intelligents et murs, voilà bien ce qu’aucun pays dit civilisé ne se soucie
d’obtenir, car rien n’est plus difficile à gouverner que des adultes
intelligents. »
Conséquence : au dernières
élections la majorité des classes pauvres ont voté Mr Sarkozy, la classe qui
est la plus facile à manipuler car elle a très peu de moyens dans sa culture de
classe pour décrypter l’information.
Bizarre, vous avez dit bizarre,
j’ai dit bizarre, comme c’est bizarre.
Je ne voterai pas tant que la
France contrôlera économiquement les pays de ses anciennes colonies africaines.
Et oui, qu’Orange (télécommunication) laisse ses infrastructures en Côtes
d’Ivoire au peuple Ivoirien et qu’elles les forment à les diriger, je peux dire
la même chose d’EDF-GDF, etc. Là, je retrouverai la France, la Vrai, la
Généreuse, la Reconnaissante surtout, celle qui fait rêver comme dans les
livres.
Mais le rêve n’est pas l’illusion,
alors je peux toujours courir. Tant pis, mais au moins je garde la forme.
Pour finir, juste pour dire que je
suis comme tout le monde, je me suis surpris à avoir une illusion pulsionnelle
le jour du vote du deuxième tour, j’ai revoté croyant que mon choix serait
le même que la majorité. Ah, le
romantisme comme disait feu J-C Brialy, (j'aurais du m'abstenir comme les quinzes dernières années). Revenir
à une orientation plus sociale aurait été préférable. Mais je me suis laissé manipulé
car au bout du compte qu’est-ce que cela aurait modifié?
Mme Royal ou Mr Sarkozy n’auraient
pas changé ma vie.
Bonnes Vacances.
A la prochaine … |
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| samedi 28 juillet 2007, a 12:01 |
| Tour de France 2007 … |
Attention ne condamnons pas les
coureurs, ils ne sont qu’un maillon de la chaîne.
Qui cours après quoi ? Une
petite caricature, pas si loin de la réalité.
Les coureurs après la victoire.
Les directeurs sportifs,
généralement d’anciens coureurs, après la réalisation de leurs objectifs qui ne
sont pas seulement la victoire.
Les sponsors après la notoriété
et uniquement la notoriété. N’oublions pas que Festina existe toujours et que
Monsieur V, le champion du maillot à pois a fortement contribué à la notoriété
de la marque en France et cela l’insu de son plein gré, et pourtant toute
l’équipe était dopée.
Les organisateurs court après
l’audience comme les télévisions. L’audimat garanti le prix des droits de
retransmission. Sachant que le tour de France est une épreuve sportive qui se situe dans les cinq épreuves sportives
les plus regardées au monde, cela laisse rêveur sur les quantités d’argent
investis rien que pour cette épreuve.
Et les journalistes, les
commentateurs, les chroniqueurs courent après quoi dans tout cela ? Rien,
leurs bêtises tout au plus.
Ils sont le canal de diffusion
donc ils ne sont qu’un outil, c’est pourquoi, la plupart ne cherchent pas à
dénoncer les vrais coupables, à faire des enquêtes sérieuses, vous avez déjà vu
un marteau dénoncé un clou mal planté ! Moi. Jamais.
Bon, mais alors ?
Alors un chiffre vient éclairé le
dopage et plus précisément le dopage à l’EPO.
Il faut savoir que 70% de la production d’EPO par les labos
pharmaceutique est non thérapeutique, donc il est destiné aux marchés du dopage
sportif. Ce chiffre est énorme dans tous les sens du terme, car il rapporte
extraordinairement aux labos : ces 70% de chiffres d’affaires ne devrait
même pas exister. Enfin, je vous laisse déduire tous ce que l’on peut déduire
d’un tel chiffre.
Concluons. Pensez vous qu’un
coureur ou un « cartel »de coureurs soit à l’origine de ces 70% de
production d’EPO en plus ? Restons sérieux.
C’est pourquoi n’incriminez pas
les coureurs, et dimanche sur les Champs-Elysées siffler plutôt les
organisateurs, les sponsors, les journalistes, les télévisions que les coureurs
qui sont les victimes de la culture capitaliste dans le sport. Et d’ailleurs, ne
confondons pas culture et complot, s’il vous plaît.
A bon entendeurs,
Salut.
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| samedi 28 juillet 2007, a 10:31 |
| remerciements |
Un grand merci aux personnes qui visitent mon blog.
Je suis étonné du nombre de visiteurs. Eh oui, sur ce blog, il n'y a ni photos, ni music, seuls les idées qui valent ce qu'elles valent sont présentent.
La pensée n'est pas morte, vive la réflexion...
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| vendredi 27 juillet 2007, a 18:27 |
| La banlieu, un problème ??? |
Le prochain sujet se penchera sur la difficile question des populations issues des anciennes colonies françaises (dont je fais à moitié parti), vivant en banlieue parisienne. Nous tenterons de donner une explication du dit problème, toute modestie gardée.
Encore un peu de patience, il y aura de quoi lire...
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| mardi 26 juin 2007, a 16:15 |
| Mais que fait la justice ??? Honte à ce juge de Marseille |
Une pensée à la famille de l'adolescent renversé par un policier stagiaire le samedi 23/07/2007.
c'est un drame terrible mais ce qui est pire car injuste c'est que le juge a remis en liberté ce policier stagiaire sous contrôle judiciaire donc par la police et peut-être mêmes par ses collègues qui le soutiennent en affirmant que le feu était vert et que le gyrophare était mis. Hé ! Elle n'est pas belle l'histoire ...
Le père de cet ados interrogé par la presse disait vouloir une égalité de traitement car si cela avait été des petits malfrats ils seraient déjà au trou et en aucun cas en liberté surveillée.
Honte à ce juge de Marseille, et je n'aurai qu'un mot : "DEMISSIONNE MEC"
Sarko avait promis plus de morale, c'est encore loupé.
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| mardi 26 juin 2007, a 12:34 |
| les utopistes font avancer le monde |
La France, le pays des droits de l’homme, le pays de l’abolition de
l’esclavage, ce pays qui a promulgué une certaine idée du progrès de la
civilisation inspirée du siècle des lumières, à travers le monde, mais surtout
dans ses colonies ; cette France, malheureusement, aux vues des derniers
événements du début du mois de novembre 2005, Oui, cette France n’a pas réussi
à propager cet idéal auquel elle tenait tant.
Martin Lutherking disait « j’ai un rêve … ».
Moi, le jour où j’ai appris la
mort de ces deux jeunes garçons de Clichy, je ne rêvais pas, de même pour les
deux adultes assassinés dans les cités de la banlieue parisienne, je ne rêvais
toujours pas. Ces deux enfants sont morts en voulant échapper à un contrôle de
police et les deux adultes sont morts lynchés par deux groupes de jeunes gens différents.
Pour ces faits indiscutablement graves et alarmants, la question n’est pas
pourquoi la police française ou ces jeunes en sont arrivés à de tels actes, mais
comment les hommes politiques de ce pays qui décident, qui sont censés, par
leurs actions élever le niveau des citoyens afin que notre société tende vers
le progrès, au sens bien sûr, de celui désiré par les auteurs du siècle des
lumières, comment ces hommes politiques ont-ils pu abandonner la France pour
qu’elle en arrive à ce stade de « dé-citoyenneté » , au stade
ou les institutions de ce pays ne respectent plus les citoyens et ou les
citoyens ne se respectent plus.
Bilan : aujourd’hui dans cette République, au XXIième siècle nous ne
savons toujours pas vivre ensemble. Nous sommes bien obligés de constater que
les hommes politiques de ce pays et leur parti (adhérents UMP :
200000 ; PS : 160000) qui sont édifiés en un système hiérarchique
pyramidal n’est plus performant pour la majeur partie des citoyens français (je
rappelle que nous sommes 60 millions en France).
Ainsi, vu que ces structures politiciennes ne fonctionnent plus, voire
même ne servent plus à rien, alors, le collectif que je représente, en appelle
à tous ceux qui liront ce texte à se mobiliser afin de se réunir en collectifs apartistes,
c’est-à-dire d’aucune appartenance politique représentée actuellement en
France, dans chaque quartier, dans
chaque rue, dans chaque immeuble, qui auront pour but de redonner à chaque
citoyens français la possibilité d’avoir accès, s’il le désire à la vie
politique de ce pays, c'est-à-dire au sens de participation à la vie de la cité.
Ainsi, la croissance et la propagation de ces collectifs, sur tout le territoire
français, leur permettront de devenir une force politique active qui, une fois
en nombre suffisant, pourra peser réellement sur la vie politique de ce pays.
Nous en appelons aux déçus de la politique politicienne, aux exclus, aux
résidents en France qui n’ont pas la nationalité française, aux travailleurs,
aux chômeurs, aux professions libérales, aux intellectuels, aux entrepreneurs …
en d’autres termes à tous ceux vivants dans ce pays à s’organiser en collectif
afin de rompre avec les anciennes traditions de ce pays. C’est-à-dire que nous
ne voulons plus qu’une minorité nous impose une certaine façon de vivre et de
penser, nous ne voulons plus élire un chef d’Etat qui règnera avec son parti
tel le un roi dans une monarchie absolue. Comme vous l’avez compris, il nous
faut changer le pouvoir politique établi de manière verticale.
Pour réussir cette entreprise, je serai d’avis à ce que l’on médite la
pensée d’Hanna Arendt à ce sujet. Elle nous dit : « Nous voulons
participer, déclarent les conseils, nous voulons discuter et faire entendre
publiquement notre voix, nous voulons avoir la possibilité de déterminer
l’orientation politique de notre pays. Puisque ce pays est trop vaste et trop
peuplé pour que nous puissions nous rassembler tous en vue de déterminer notre
avenir, nous avons besoin d’un certains nombre de lieux politiques. L’isoloir à
l’intérieur duquel nous déposons notre bulletin de vote est certainement trop
étroit, car seule une personne peut s’y tenir. Les partis ne servent plus à
rien. Nous ne sommes, pour la plupart, que des électeurs que l’on manipule.
[(Souvenons nous du 21 avril 2002)]. Mais que l’on accorde seulement à dix
d’entre nous la possibilité de s’asseoir autour d’une table, chacun exprimant
son opinion et chacun écoutant celle des autres, alors, de cet échanges
d’opinions, une opinions formée rationnellement pourra se dégager. De cette
façon également nous verrons quel est celui d’entre nous qui est le plus
qualifié pour aller exposer nos vues devant le conseil situé à l’échelon
supérieur, où ces vues, par la confrontation avec d’autres, se clarifieront à
leur tour et serons révisées ou infirmées ». Et ces « moyens
de participer devraient s’offrir à tous.
J’aperçois, dans cette direction, la possibilité d’aboutir à une
conception nouvelle de l’Etat. Un Etat constitué de cette façon, à partir des
conseils, auquel le principe de souveraineté demeurerait totalement étranger,
aurait admirablement vocation pour réaliser des fédérations de types divers, en
particulier parce que la base même de son pouvoir s’établirait sur un plan
horizontal et non vertical ». (Du mensonge à la violence, 1972)
Voilà comment j’appréhende l’établissement des collectifs, qu’elle nomme conseils,
et comment notre collectif imagine la possibilité que quelque soit notre
origine ethnique, sociale et religieuse nous puissions par cette possibilité se
représenter et/ou être représenté afin que puisse être rétabli les valeurs
républicaines fondamentales de ce pays.
En effet, si chacun à la possibilité de trouver sa place au sein d’un
regroupement de personnes, à l’intérieur duquel il peut confronter dignement
ses idées, afin de partager les conclusions de ces débats avec ses concitoyens et
que les conclusions établies soient elle-même discutées à un niveau supérieur par
la personne désignée par le groupe, alors les idées débattues proviendront de
la base et non plus d’une certaine élite.
Ainsi, nous obtenons une horizontalité au sein du débat d’idée. Par
conséquent, les décisions issues de la base pourront être revendiquées et
défendues par les représentants de chaque groupe aux niveaux supérieurs. Les
représentants désignés, quant à eux, pourront être, à tout moment, destitués de
leur fonction par le groupe, si celui-ci estime qu’il n’est plus à même de les
représenter.
J’ai conscience que ce que j’écris ici, est pour l’instant utopique, mais
l’avenir nous appartient. Ceux qui dirigent, aujourd’hui, ne peuvent plus rien
pour nous, ainsi que nous le constatons chaque jour que nous vivons. Ce constat
ainsi établit, nous devons nous prendre en main tels des citoyens responsables
afin de ne plus se sentir frustré, incapable et incompétent de nous occuper de
notre propre futur et par conséquent celui de nos enfants.
Alors nous invitons tous ceux qui se sentent toucher de près ou de loin
par ce projet à se mobiliser à la construction active de collectifs. Je
terminerai par une citation de Frantz Fanon qui représente totalement l’esprit
dans lequel cette action doit être menée : « Amener l’homme à être
actionnel, en maintenant dans sa circularité le respect des valeurs
fondamentales qui font un monde humain, telle est la première urgence de celui
qui, après avoir réfléchi, s’apprête à agir. » (Peau noire, masques
blancs ; 1952). texte écrit en janv 2006.
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