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cestlhistoired1mec
dimanche 16 septembre 2007, a 10:25
a joke

quel est le comble du chômeur ?


c'est d'être embauché soit par l'ANPE ou les ASSEDICS. 

samedi 08 septembre 2007, a 11:38
Discutons. La banlieue suite ...


 

Maintenant que certaines notions, dans un but de compréhension, ont été précisées,  développons notre point de vue. Dans cette recherche, nous nous intéressons aux problèmes, dépendant de la culture française, qui sont  posés aux individus dont les parents ont immigré des anciennes colonies françaises d’Afrique.

Dans un premier temps nous tenterons d’appréhender les difficultés que rencontrent ces individus dans la société française à introjecter les moyens défensifs culturels. Dans un second temps, nous discuterons du problème que pose les préjugés véhiculés par les médias dans les analyses de certains chercheurs sur la banlieue.

 

Aujourd’hui, la mobilité de l’homme est devenue nécessaire à sa survie. Les candidats à l’immigration quelque soit le pays d’origine sont de plus en plus nombreux, même si les média en France se focalisent plus sur les pays Africains.

En effet, dans la presse, nous observons différents termes pour désigner l’immigrant, comme les mots « réfugié économique » ou « réfugié climatique ». Nous sommes aux portes d’un nouveau monde, pour lequel le métissage des populations ainsi que le métissage culturel qui en résulte est inéluctable.

Les pays occidentaux, en réponse à la pression économique, cherchent les moyens  de contrôler ces flux migratoires constants. Ils tendent à un repli sur eux-mêmes en intensifiant la répression à leurs frontières. Nous citerons deux exemples pour soutenir notre propos.

Les Etats-Unis construisent depuis peu, un mur le long de la frontière Mexicaine afin d’empêcher les immigrants, pour la plupart d’Amérique du Sud, d’affluer dans ce pays qui, paradoxalement c’est construit grâce à l’immigration.

Nous n’oublierons pas que pendant l’été 2006, la police des frontières Espagnole a ouvert le feu sur des Africains tentant de passer un mur grillagé faisant un nombre conséquent de victimes. Ces hommes, dont le seul péché était d’aspirer à une vie meilleure, sont morts, et ce sans que le monde occidental en soit choqué.

Alors, oui, l’homme qui émigre, colonisé ou non, qui s’exile, est  perturbé psychologiquement et le conflit intrapsychique naît bien avant de rencontrer l’Autre.

Le rapport entre les groupes, peut donc être ici, constitutif du conflit d’intérêt que nous avons expliqué plus haut. Comme pouvait l’être celui des immigrés dans les années 60-70 du siècle dernier. Cependant celui qui immigre n’est pas préparé à faire face à la fréquence du stress atypique rencontré et cela dès son départ. Car, la plupart des immigrants viennent de sociétés sédentarisées dont les moyens défensifs proposés par leur culture ne peuvent en atténuer le choc.

De plus, une fois établit dans le pays d’accueil, la difficulté du réfugié est de pouvoir introjecter les moyens défensif de la société dans laquelle il s’installe, en mobilisant sa capacité « d’adaptabilité créatrice » qui lui permettra de relever le nouveau challenge qui lui fait face. Encore faut-il que les possibilités lui en soient données. Effectivement, le conflit psychique à l’œuvre dans cette situation se situe, aussi, au niveau du segment inconscient de la personnalité ethnique. Sans guide, l’individu dont la culture ne permet pas, dans ce nouveau pays, d’activer des défenses afin d’affaiblir son conflit ne peut se retrouver. Le modèle culturel dans lequel il évolue n’est pas compatible avec le sien.

Ainsi, pour l’immigré des anciennes colonies Françaises, perturbé par la colonisation, par son immigration et le modèle culturel différent qu’il découvre, sont autant d’obstacles à l’éducation de ses enfants qui sont dus à la perturbation de la personnalité ethnique de ces individus. Ce constat nous permet de mieux comprendre les difficultés que rencontrent les enfants, Français, de ces anciens colonisés dans notre société.

La culture française, par le biais de sa langue parlée mais aussi écrite, permet, quand nous la maîtrisons, d’exprimer, de revendiquer ou d’exposer clairement les problèmes, les conflits qui nous perturbent. Le langage est sûrement en tête de liste de la hiérarchie préférentielle des défenses de notre culture. G. DEVEREUX nous dit : comme les minorité d’une société, les étrangers « n’ont pas accès aux importants moyens de défenses culturels que la culture réserve aux classes privilégiées »[1]. Notamment la non maîtrise de la langue empêche une insertion correcte au sein de la société. Il est facile de vérifier cette hypothèse en observant le nombre de Français issus de l’immigration accédant à des postes importants dans notre société. D’ailleurs pour tenter de palier ce phénomène, l’idée du moment serait d’appliquer une discrimination positive. Cela dénote d’un réel problème, même si ce n’est pas la solution. Par exemple, nous pouvons supposer que les émeutiers des évènements de Novembre 2005, s’ils avaient introjecté le moyen défensif du langage parlé et écrit, auraient pu revendiquer un meilleur traitement, par le biais de lettres ouvertes et de déclarations collectives dans les médias. Ils n’auraient peut être pas utilisés comme moyen de communication l’incendies de voitures, d’écoles ou de bibliothèques.

Un autre exemple, pour confirmer ce que nous avançons, est le fait que le concours d’entrée à Science Po a des critères d’admission différents selon qu’un candidat provient ou non d’une ZEP[2] . Un des indices corroborant notre propos est le fait, que même les élites de ce pays reconnaissent implicitement, que pour ces minorités la langue comme défense culturelle n’est pas suffisamment acquise.

 

Néanmoins, dans leurs transmissions la culture et les traditions se transforment, évoluent. Les nouvelles générations mettent en place des défenses qui n’existaient pas auparavant. Elles se situent, certes, à des niveaux plus bas dans la hiérarchie des défenses culturelles, mais elles révèlent « l’adaptabilité créatrice » de ces populations. Notamment, grâce à l’humour bien spécifique de la banlieue, dont le psychanalyste Philippe LÉVY trop éloigné de, ou par, ses origines de ce milieu, ne peut pas comprendre. À la vue de l’exemple qu’il donne pour soutenir son hypothèse qui est « s’il existe une pathologie des banlieues, elle procède principalement d’une perturbation dans la capacité de mise en place de l’Autre... »[3]. Il image son exemple, par l’interpellation ironique ou Witz, que lui fait un adolescent de Villetaneuse pour appuyer son argument. Nous nous demandons si la moquerie peut être à la base d’une perturbation dans la capacité de la mise en place de l’Autre. Sachant que l’humour dans la culture Française, et cela depuis au moins le XIXème siècle avec des chansonniers comme A. BRUAND, tient une place considérable, nous nous interrogeons sur les projections de ce psychanalyste vis-à-vis de cet adolescent. Cependant, nous sommes sûr que ce jeune, lui, possède bien le moyen défensif culturel qu’est l’humour et s’en sert à bon escient afin de contenir le conflit que réveille, en lui, la vue de ce psychanalyste.

De telles erreurs ne peuvent que l’égarer dans sa pratique quotidienne de la psychanalyse. Car ne pas tenir compte, du fait, que l’humour, surtout pour les classes défavorisées, est très souvent utilisé comme défense, ainsi que de vouloir en faire un des aspects pathologique de la banlieue, est sûrement déplacé. Mais cet exemple, nous montre bien l’importance de prendre la culture au sens de l’Universelle dans un diagnostic. Faute de prendre ce phénomène en considération on aboutit immanquablement à des erreurs d’appréciation.

Certains auteurs analysent la violence des jeunes comme la conséquence de l’absence du père qui aurait laissé sa place à une mère archaïque. Pour reprendre notre exemple des émeutes de Novembre 2005, si nous suivons leurs conclusions, la cause de ce phénomène serait du à la démission du père, remplacé par une mère archaïque laissant la libre expression des pulsions violentes. Ces conclusions seraient éventuellement vraies, à supposer que les perturbations de ces individus se situent au plan idiosyncrasique. C’est-à-dire que les traumatismes soient localisés dans l’inconscient privé.

En fait, lorsque ses perturbations sont la cause des  types de structures sociales, alors ces troubles sont du ressort des désordres types[4]. En effet, il est difficile de concevoir que les jeunes qui se sont révoltés en France, pendant cette période, étaient tous victimes d’une pathologie telle que schizophrénies, névroses obsessionnelles, etc. Ainsi l’explication donnée par ces auteurs semble quelque peu hâtive.

A l’image de J-J RASSIAL nous disant : « Le social vient confirmer le mépris du père]… [Ou bien cela pousse à l’appel à un Autre archaïque, pré-paternel, maternel ou ancestral, non réduit par le nom-du-père, dans cet intégrisme du fils à concevoir non pas comme traditionalisme]… [ Mais comme recherche d’un fondement, d’un fondamentalisme antipaternel, dont l’exercice n’est pas secondairement mais essentiellement terroriste au sens ou ce qui s’oppose au père, c’est le pire »[5]. Nous soulignons que pour valider son argument, il prend en exemple des groupes (skinheads, supporters puis ethnique) qui du point de vue d’une analyse se basant sur l’inconscient ne peut pas porter sur l’inconscient idiosyncrasique mais bien ethnique. Si le social méprise le père, il n’y a pas de raison qu’il ne méprise pas la mère, même si celle-ci est synonyme, ici, d’archaïsme. La violence, dans le cas que nous évoquons, est du ressort de désordres types, car non idiosyncrasique, au sens ou G. DEVEREUX l’emploi, c’est-à-dire déterminé par le type de structure sociale. Développons cette idée. Aujourd’hui, les pères des classes défavorisées au sein de la Famille sont toujours respectés. Le père que ce soit du point de vue symbolique ou du point de vue de la réalité quotidienne n’est sûrement pas « méprisé » tout du moins au niveau familiale. Cependant la société française qui idolâtre  la réussite sociale du père gagneur, relevant les défis en écrasant ses concurrents alimente et pérennise non pas le mépris du père mais sa négation pour les catégories sociales défavorisées. Même si la réussite d’une vie ne peut se résumer à la réussite sociale. Ainsi cette misère ne fait pas appel à un Autre archaïque, mais elle ravive les conflits d’intérêts qui s’étayent sur la violence symbolique au sens ou le définit P. Bourdieu, les préjugés et les stéréotypes qui appartiennent à l’inconscient ethnique de ces populations. Ainsi la violence est du fait que la culture française ne partage pas ses moyens défensifs culturels avec ces populations, qui se retrouvant désarmées face aux situations de stress intensif qui éveille en elle la peur, le doute et l’angoisse, font que les moyens défensifs qu’elles inventent sont en dysharmonies ou déviantes voir dystoniques avec ceux existants de la culture française. Notamment dans le cas des émeutes ou les participants brûlent et  vandalisent leur quartier.

 

De plus, il continue « la forme d’expression privilégiée de cette nouvelle délinquance n’étant plus le vol comme obtention d’objets de désir, mais à l’extrême, le viol collectif comme appropriation collective des femmes du père, et comme recherche d’une Autre jouissance. ». Cet homme est visiblement très mal renseigné et il est plus intéressé par les mots d’esprit qu’il fait que par son raisonnement intellectuel. Les viols collectifs dans les cités ne sont pas une nouvelle forme de violence puisque cela existe depuis 1960, au moins. Nous sommes là devant le même souci que précédemment. Méfions nous des projections que l’on peut faire lors d’une analyse d’un fait. Restons humble face aux difficultés.

Pour terminer, je voudrai préciser que je ne remets pas en question l’hypothèse de la mère archaïque qui existe dans les thèses psychanalytiques. Je dis simplement qu’ici cette théorie ne peut pas justifier les comportements violents de certaines catégories d’individus de la banlieue, car je le répète notre analyse pour être crédible se situe sur le plan de l’inconscient ethnique et non idiosyncrasique. En effet, en psychologie les nosographies de l’individu sont différentes des nosographies sociales.

 

Ainsi, s’il doit y avoir une pathologie des banlieues, il est préférable de l’analyser en terme de désordres types lesquels désignent les maladies psychologiques propres au types de sociétés qui le produit.

Nous finirons en rappelant la mise en garde que G. DEVEREUX nous fait : « Ce sont, du point de vue ethnopsychiatrique, les plus malaisées à définir et les moins bien connues et étudiées. »[6].

 

Par conséquent, aujourd’hui, les problèmes de la banlieue, sont plus difficiles à appréhender que certains pourraient le penser. Dans cette partie, nous avons voulu montrer l’importance de l’approche ethnopsychiatrique dans le diagnostic fait sur un groupe ou un individu.

 

La deuxième partie reste à venir …. [1] G. Devereux, Essais d’ethnopsychiatrie générale, 3ème édition, Gallimard, 1977, p. 12.

[2] ZEP : zone d’éducation prioritaire.

[3] J-J. RASSIAL, y a-t-il une psychopathologie des banlieues ? ,érès, Ramonville,1998, p. 18.

[4] G. Devereux, Essais d’ethnopsychiatrie générale, 3ème édition, Gallimard, 1977, p. 73.

[5] J-J. RASSIAL, y a-t-il une psychopathologie des banlieues ? ,érès, Ramonville,1998, p. 13.

[6] G. Devereux, Essais d’ethnopsychiatrie générale, 3ème édition, Gallimard, 1977, p. 62-63.

 

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