La France, le pays des droits de l’homme, le pays de l’abolition de
l’esclavage, ce pays qui a promulgué une certaine idée du progrès de la
civilisation inspirée du siècle des lumières, à travers le monde, mais surtout
dans ses colonies ; cette France, malheureusement, aux vues des derniers
événements du début du mois de novembre 2005, Oui, cette France n’a pas réussi
à propager cet idéal auquel elle tenait tant.
Martin Lutherking disait « j’ai un rêve … ».
Moi, le jour où j’ai appris la
mort de ces deux jeunes garçons de Clichy, je ne rêvais pas, de même pour les
deux adultes assassinés dans les cités de la banlieue parisienne, je ne rêvais
toujours pas. Ces deux enfants sont morts en voulant échapper à un contrôle de
police et les deux adultes sont morts lynchés par deux groupes de jeunes gens différents.
Pour ces faits indiscutablement graves et alarmants, la question n’est pas
pourquoi la police française ou ces jeunes en sont arrivés à de tels actes, mais
comment les hommes politiques de ce pays qui décident, qui sont censés, par
leurs actions élever le niveau des citoyens afin que notre société tende vers
le progrès, au sens bien sûr, de celui désiré par les auteurs du siècle des
lumières, comment ces hommes politiques ont-ils pu abandonner la France pour
qu’elle en arrive à ce stade de « dé-citoyenneté » , au stade
ou les institutions de ce pays ne respectent plus les citoyens et ou les
citoyens ne se respectent plus.
Bilan : aujourd’hui dans cette République, au XXIième siècle nous ne
savons toujours pas vivre ensemble. Nous sommes bien obligés de constater que
les hommes politiques de ce pays et leur parti (adhérents UMP :
200000 ; PS : 160000) qui sont édifiés en un système hiérarchique
pyramidal n’est plus performant pour la majeur partie des citoyens français (je
rappelle que nous sommes 60 millions en France).
Ainsi, vu que ces structures politiciennes ne fonctionnent plus, voire
même ne servent plus à rien, alors, le collectif que je représente, en appelle
à tous ceux qui liront ce texte à se mobiliser afin de se réunir en collectifs apartistes,
c’est-à-dire d’aucune appartenance politique représentée actuellement en
France, dans chaque quartier, dans
chaque rue, dans chaque immeuble, qui auront pour but de redonner à chaque
citoyens français la possibilité d’avoir accès, s’il le désire à la vie
politique de ce pays, c'est-à-dire au sens de participation à la vie de la cité.
Ainsi, la croissance et la propagation de ces collectifs, sur tout le territoire
français, leur permettront de devenir une force politique active qui, une fois
en nombre suffisant, pourra peser réellement sur la vie politique de ce pays.
Nous en appelons aux déçus de la politique politicienne, aux exclus, aux
résidents en France qui n’ont pas la nationalité française, aux travailleurs,
aux chômeurs, aux professions libérales, aux intellectuels, aux entrepreneurs …
en d’autres termes à tous ceux vivants dans ce pays à s’organiser en collectif
afin de rompre avec les anciennes traditions de ce pays. C’est-à-dire que nous
ne voulons plus qu’une minorité nous impose une certaine façon de vivre et de
penser, nous ne voulons plus élire un chef d’Etat qui règnera avec son parti
tel le un roi dans une monarchie absolue. Comme vous l’avez compris, il nous
faut changer le pouvoir politique établi de manière verticale.
Pour réussir cette entreprise, je serai d’avis à ce que l’on médite la
pensée d’Hanna Arendt à ce sujet. Elle nous dit : « Nous voulons
participer, déclarent les conseils, nous voulons discuter et faire entendre
publiquement notre voix, nous voulons avoir la possibilité de déterminer
l’orientation politique de notre pays. Puisque ce pays est trop vaste et trop
peuplé pour que nous puissions nous rassembler tous en vue de déterminer notre
avenir, nous avons besoin d’un certains nombre de lieux politiques. L’isoloir à
l’intérieur duquel nous déposons notre bulletin de vote est certainement trop
étroit, car seule une personne peut s’y tenir. Les partis ne servent plus à
rien. Nous ne sommes, pour la plupart, que des électeurs que l’on manipule.
[(Souvenons nous du 21 avril 2002)]. Mais que l’on accorde seulement à dix
d’entre nous la possibilité de s’asseoir autour d’une table, chacun exprimant
son opinion et chacun écoutant celle des autres, alors, de cet échanges
d’opinions, une opinions formée rationnellement pourra se dégager. De cette
façon également nous verrons quel est celui d’entre nous qui est le plus
qualifié pour aller exposer nos vues devant le conseil situé à l’échelon
supérieur, où ces vues, par la confrontation avec d’autres, se clarifieront à
leur tour et serons révisées ou infirmées ». Et ces « moyens
de participer devraient s’offrir à tous.
J’aperçois, dans cette direction, la possibilité d’aboutir à une
conception nouvelle de l’Etat. Un Etat constitué de cette façon, à partir des
conseils, auquel le principe de souveraineté demeurerait totalement étranger,
aurait admirablement vocation pour réaliser des fédérations de types divers, en
particulier parce que la base même de son pouvoir s’établirait sur un plan
horizontal et non vertical ». (Du mensonge à la violence, 1972)
Voilà comment j’appréhende l’établissement des collectifs, qu’elle nomme conseils,
et comment notre collectif imagine la possibilité que quelque soit notre
origine ethnique, sociale et religieuse nous puissions par cette possibilité se
représenter et/ou être représenté afin que puisse être rétabli les valeurs
républicaines fondamentales de ce pays.
En effet, si chacun à la possibilité de trouver sa place au sein d’un
regroupement de personnes, à l’intérieur duquel il peut confronter dignement
ses idées, afin de partager les conclusions de ces débats avec ses concitoyens et
que les conclusions établies soient elle-même discutées à un niveau supérieur par
la personne désignée par le groupe, alors les idées débattues proviendront de
la base et non plus d’une certaine élite.
Ainsi, nous obtenons une horizontalité au sein du débat d’idée. Par
conséquent, les décisions issues de la base pourront être revendiquées et
défendues par les représentants de chaque groupe aux niveaux supérieurs. Les
représentants désignés, quant à eux, pourront être, à tout moment, destitués de
leur fonction par le groupe, si celui-ci estime qu’il n’est plus à même de les
représenter.
J’ai conscience que ce que j’écris ici, est pour l’instant utopique, mais
l’avenir nous appartient. Ceux qui dirigent, aujourd’hui, ne peuvent plus rien
pour nous, ainsi que nous le constatons chaque jour que nous vivons. Ce constat
ainsi établit, nous devons nous prendre en main tels des citoyens responsables
afin de ne plus se sentir frustré, incapable et incompétent de nous occuper de
notre propre futur et par conséquent celui de nos enfants.
Alors nous invitons tous ceux qui se sentent toucher de près ou de loin
par ce projet à se mobiliser à la construction active de collectifs. Je
terminerai par une citation de Frantz Fanon qui représente totalement l’esprit
dans lequel cette action doit être menée : « Amener l’homme à être
actionnel, en maintenant dans sa circularité le respect des valeurs
fondamentales qui font un monde humain, telle est la première urgence de celui
qui, après avoir réfléchi, s’apprête à agir. » (Peau noire, masques
blancs ; 1952). texte écrit en janv 2006.
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